Comment savoir si votre gode est vraiment sûr ? Les normes à connaître
Vous avez acheté un gode à 25 € sur une marketplace. Il est joli, il a l'air bien. Mais est-ce qu'il est vraiment sûr ?
La vérité, c'est que la plupart des gens ne se posent jamais cette question. On regarde la forme, la taille, le prix. On lit peut-être les avis. Mais on ne vérifie presque jamais si le produit respecte les normes de sécurité européennes.
Et pourtant, les risques sont réels. En 2025, les autorités italiennes ont saisi 1 000 sextoys dans le port de Civitavecchia. Résultat des analyses : des concentrations de phtalates largement supérieures aux limites européennes. Certains produits portaient même un marquage CE falsifié.
En 2026, la DGCCRF française a rappelé plus de 40 000 préservatifs non conformes - dont certains portaient le marquage CE. Des risques de rupture et de perforation.
Alors comment savoir si votre gode est vraiment sûr ? Voici ce qu'il faut comprendre - et vérifier.
Le cadre légal : ce que dit vraiment l'Union européenne
Première chose à savoir : les sextoys n'ont pas de législation sectorielle spécifique dans l'UE. La Commission européenne le confirme : ils ne relèvent d'aucune catégorie de produit spécifique.
Mais cela ne signifie pas qu'ils échappent à toute régulation. Ils sont soumis au Règlement général sur la sécurité des produits (GPSR), applicable depuis décembre 2024. Ce règlement exige que tout produit de consommation mis sur le marché européen soit sûr. Les fabricants doivent évaluer les risques, et les autorités de surveillance peuvent retirer les produits dangereux via le système Safety Gate.
Attention à une confusion fréquente : le GPSR ne nécessite pas de marquage CE. Si vous voyez un gode en silicone pur avec un logo CE, c'est probablement du marketing - le CE n'est obligatoire que pour certains produits électroniques ou jouets.
La chimie, elle, est encadrée : le règlement REACH limite strictement les phtalates (DEHP, DBP, BBP, DIBP) dans les matériaux plastiques. Ces substances sont des perturbateurs endocriniens, associés à l'obésité, l'asthme et des troubles de l'attention.

« Un gode n'est pas un produit de luxe. C'est un produit qui entre en contact direct avec vos muqueuses. Sa sécurité n'est pas négociable. »
ISO 3533 : le premier standard international dédié aux sextoys
Publié en 2021, ISO 3533 est le premier standard international spécifiquement conçu pour les produits en contact direct avec les organes génitaux, l'anus, ou les deux.
Il couvre quatre domaines essentiels :
| Domaine | Ce que ça vérifie |
|---|---|
| Sécurité mécanique | Pièces mobiles verrouillées, température contrôlée (≤ 47,7 °C), surfaces lisses sans bords coupants. |
| Sécurité électrique | Évaluation tierce des risques pour les produits à stimulation électrique (série IEC 60601). |
| Sécurité chimique | Conformité aux réglementations RoHS, REACH et POP du pays d'importation. |
| Biocompatibilité | Tests in vitro : irritation cutanée, sensibilisation, cytotoxicité (série ISO 10993). |
ISO 3533 n'est pas une obligation légale - mais il devient une exigence pour les plateformes comme Amazon. Et surtout, il donne un cadre clair aux fabricants sérieux.
EN 17072 : le piège des fausses références
Vous avez peut-être vu des marques de sextoys citer « EN 17072 » comme preuve de sécurité. C'est une erreur - ou une tromperie.
La norme DIN EN 17072:2019-05 s'intitule : « Articles de puériculture - Baignoires, supports et aides au bain non indépendants - Exigences de sécurité et méthodes d'essai ».
Autrement dit : c'est une norme pour les baignoires de bébé. Pas pour les sextoys.
Si une marque cite EN 17072 pour un gode, elle a probablement copié-collé un numéro sans vérifier ce qu'il signifie. Ce n'est pas nécessairement une arnaque - mais c'est un signe de négligence. Et la négligence, dans un produit qui touche vos muqueuses, n'est pas rassurante.

« La bonne référence pour un sextoy, c'est ISO 3533. Pas EN 17072 - qui concerne les baignoires pour bébés. »
Les 5 signaux d'alerte d'un gode non sûr
| Signal | Pourquoi c'est un problème |
|---|---|
| Odeur chimique forte | Signe de phtalates ou de solvants résiduels. Un silicone de qualité n'a pas d'odeur. |
| Aucune mention du matériau | « Silicone » tout court ne veut rien dire. Platine-cure ou peroxyde-cure ? La différence est immense. |
| Pas de notice en français | La DGCCRF le rappelle : l'absence de notice linguistique est un signal d'alerte. Le fabricant n'a pas fait l'effort de conformité. |
| Prix trop bas | Un gode en silicone platine médical à 10 € ? Impossible. Le matériau seul coûte plus cher. |
| Marquage CE sur un gode non électronique | Le GPSR n'exige pas de CE pour les sextoys. Un CE sur un gode en silicone pur est un faux signal de sécurité. |
Les cas concrets qui font réfléchir
Italie, 2025 : 1 000 sextoys saisis à Civitavecchia. Les analyses révèlent des concentrations de phtalates bien supérieures aux limites légales. L'importateur est poursuivi pour fraude commerciale. Certains produits portaient un marquage CE falsifié.
France, 2026 : 40 000 préservatifs non conformes rappelés par la DGCCRF. Des risques de rupture et de perforation. Certains portaient le marquage CE. Les autorités recommandent un dépistage des IST et un test de grossesse.
Ces deux affaires ont un point commun : le marquage CE ne garantit rien s'il est falsifié. Et les produits importés à bas coût sont les plus touchés.

Comment vérifier avant d'acheter ?
1. Cherchez la matière exacte. « Silicone platine médical » est un bon signe. « TPE », « TPR », « PVC », « Jelly » sont à éviter sauf mention explicite d'absence de phtalates.
2. Vérifiez la notice. Une notice complète en français - ou au minimum en anglais - indique un fabricant sérieux. Si la seule langue est le chinois, méfiance.
3. Regardez les certifications. ISO 3533, REACH, RoHS sont les références pertinentes. Si une marque cite EN 17072, demandez pourquoi.
4. Vérifiez le prix. Un gode en silicone platine médical de qualité coûte entre 30 et 70 €. En dessous, c'est suspect. Au-dessus, vous payez peut-être la marque, mais pas nécessairement la sécurité.
5. Consultez Rappel Conso. Le site officiel du gouvernement français liste tous les rappels de produits. Une recherche rapide peut vous éviter un achat dangereux.
Ce que Sustory fait - et ne fait pas
Chez Sustory, nous avons choisi la transparence.
- Nos godes sont en silicone platine médical, conformes au règlement REACH sur les phtalates.
- Nos fiches produits indiquent clairement la matière, les dimensions et la fermeté Shore.
- Nous fournissons une notice complète en français.
- Nous ne citons pas EN 17072 - parce que c'est une norme pour les baignoires de bébé. Nous nous référons aux principes d'ISO 3533.
Ce que nous ne faisons pas : nous ne vendons pas de produits que nous ne testerions pas nous-mêmes. Si un matériau n'est pas sûr, il n'entre pas dans notre catalogue.
Conclusion : la sécurité, c'est votre droit

Un gode n'est pas un produit de luxe. C'est un objet qui entre en contact avec vos muqueuses. Sa sécurité ne devrait pas être une option.
Alors, la prochaine fois que vous achetez un gode, posez-vous ces questions :
- Quel est le matériau exact ?
- Y a-t-il une notice en français ?
- Le prix est-il réaliste ?
- La marque cite-t-elle des normes pertinentes (ISO 3533) ou des normes hors sujet (EN 17072) ?
Un gode sûr, c'est un gode qui vous laisse profiter sans arrière-pensée. Et ça, ça n'a pas de prix - mais ça a un coût. Ne lésinez pas sur votre sécurité.
« Votre corps mérite des produits sûrs. Pas des produits qui 'ont l'air' sûrs. »
Références
ISO 3533:2021 - Sex toys - Design and safety requirements
Règlement général sur la sécurité des produits (GPSR) - UE 2023/988
REACH Annexe XVII - Restrictions applicables aux phtalates
DGCCRF - Rappels de préservatifs non conformes (2026)
Rappel Conso - Plateforme officielle des rappels produits
La Repubblica - Sequestro di sex toys a Civitavecchia (2025)




