5 idées reçues sur les godes qu'on entend encore trop souvent
"Tu utilises un gode ? Tu dois pas trouver de partenaire, alors." "C'est bon pour les célibataires, ça." "À force, tu ne sentiras plus rien."
Ces phrases, vous les avez déjà entendues. Peut-être même pensées. Et si on les démontait une bonne fois pour toutes ?
Nous sommes en 2025. Les sextoys sont vendus en pharmacie, les sexologues les recommandent, et les études scientifiques s'accumulent. Pourtant, certains mythes ont la peau dure. Pourquoi ? Parce qu'ils touchent à des peurs profondes : peur du jugement, peur de l'intimité, peur de ne pas être "normal".
Dans cet article, on s'attaque aux 5 idées reçues les plus tenaces sur les godes. Pas avec des jugements - avec des faits, des chiffres, et beaucoup de bienveillance.
Idée reçue n°1 : "Les gens qui utilisent un gode, c'est qu'ils n'ont pas de partenaire"
D'où ça vient : Pendant des décennies, les sextoys ont été vendus comme des "solutions pour célibataires". Les publicités des années 1970-1980 associaient souvent le gode à la solitude, à la frustration, à l'absence d'un homme. Cette image a laissé des traces.
La réalité : Une étude récente menée dans six pays européens (Danemark, Norvège, Suède, Finlande, France et Royaume-Uni) montre que l'utilisation de sextoys est courante dans toutes les situations relationnelles - célibataire, en couple, marié, pacsé. Les personnes en couple utilisent autant de sextoys que les célibataires, parfois plus.
Pourquoi ? Parce qu'un gode n'est pas un "remplacement" de partenaire. C'est un outil d'exploration. Un couple qui utilise un gode ensemble, c'est un couple qui explore ensemble. C'est comme partager un massage ou une soirée lingerie - rien à voir avec un manque.

"Utiliser un gode, ce n'est pas 'je n'ai personne'. C'est 'je choisis activement mon plaisir'."
Idée reçue n°2 : "Le gode, c'est bon pour les célibataires"
D'où ça vient : La société part du principe qu'une personne en couple "n'a pas besoin de ça". La sexualité en solo est encore perçue comme une "solution de secours", pas comme une pratique légitime en soi.
La réalité : Les études sont formelles. Une recherche publiée en 2025 dans le Journal of Sexual Medicine montre que les femmes qui utilisent des sextoys dans le cadre de rapports à deux rapportent une excitation plus élevée, une satisfaction sexuelle supérieure et des orgasmes plus intenses.
En clair : le gode n'est pas seulement compatible avec la vie de couple - il peut l'améliorer. Que ce soit pour la pénétration assistée, le jeu de rôle, la double stimulation ou simplement pour briser la routine, un gode peut devenir un "troisième partenaire" ludique.
Et puis, il n'y a pas que le couple dans la vie. Beaucoup de personnes en couple continuent à explorer en solo - et c'est parfaitement sain. Le plaisir en solo n'enlève rien au plaisir à deux. C'est un espace à soi, pas une trahison.
Idée reçue n°3 : "À force d'utiliser un gode, on perd sa sensibilité"
D'où ça vient : L'expression "syndrome du vagin mort" - qui n'a aucune base médicale - a fait son chemin. Elle part d'une peur légitime : celle de "casser" quelque chose d'important.
La réalité : Le clitoris contient plus de 10 000 terminaisons nerveuses. C'est l'organe humain le plus densément innervé. Sa seule fonction est de ressentir le plaisir. Il n'est pas conçu pour s'user.
Des études montrent que la grande majorité des utilisateurs de sextoys ne rapportent aucun symptôme négatif. Les rares qui mentionnent un "engourdissement" précisent qu'il disparaît en une journée.
Ce que les gens appellent "perte de sensibilité" est en réalité une adaptation nerveuse temporaire. C'est comme vos yeux qui s'habituent à la lumière : si vous ne recevez qu'un seul type de stimulation, votre cerveau "baisse le volume". Mais dès que vous changez de mode, il remonte. Une pause de 2 à 3 semaines suffit à réinitialiser.

"Votre corps n'est pas une machine qui s'use. C'est un système qui s'adapte - et qui se réadapte."
Idée reçue n°4 : "Le gode, c'est pour une certaine orientation sexuelle"
D'où ça vient : Les godes ont longtemps été marketés comme des "produits pour femmes" ou des "produits gays". Cette association a créé une barrière : beaucoup d'hommes hétérosexuels pensent que ce n'est "pas pour eux".
La réalité : La prostate - souvent appelée point P - est l'une des zones les plus sensibles du corps masculin. Elle est située à 4-5 cm à l'intérieur de l'anus, et sa stimulation peut provoquer des orgasmes très intenses. Cette réalité anatomique n'a rien à voir avec l'orientation sexuelle.
En France, 14 % des hommes ont déjà utilisé un jouet anal - et la majorité se déclarent hétérosexuels. Ce chiffre augmente chaque année. Le gode n'a pas de "genre" ni d'"orientation". C'est un objet. Le plaisir qu'il procure dépend de votre corps, pas de vos attirances.
Idée reçue n°5 : "Le gode, c'est un remplaçant du pénis"
D'où ça vient : La forme phallique de nombreux godes alimente cette confusion. Un partenaire masculin peut se sentir "remplacé" ou "insuffisant". C'est une peur compréhensible - mais infondée.
La réalité : Un gode ne remplace personne. Il fait des choses qu'aucun pénis ne peut faire : il peut être courbé pour atteindre précisément le point G, il peut vibrer, il peut être utilisé sous tous les angles, il ne se fatigue jamais. Ce n'est pas un "concurrent" - c'est un outil.
Et les chiffres le confirment : les couples qui utilisent des sextoys ensemble déclarent une satisfaction sexuelle plus élevée, pas plus basse. Le gode n'est pas "un autre homme". C'est un accessoire de jeu - comme une balle de massage n'est pas "un autre masseur".

"Un gode ne remplace pas un partenaire. Il ouvre des portes que ni les doigts ni le corps ne peuvent ouvrir."
Comment réagir quand ces idées reçues vous sont renvoyées
| Ce qu'on vous dit | Ce que vous pouvez répondre |
|---|---|
| "Tu utilises un gode ? Tu dois être seul, non ?" | "Non. J'utilise un gode parce que j'aime explorer mon corps. Comme certain vont au spa." |
| "C'est bon pour les célibataires, ça." | "Les études montrent que les couples qui l'utilisent ensemble sont plus satisfaits. Donc non." |
| "À force, tu ne sentiras plus rien." | "C'est une adaptation temporaire, pas une perte. Une pause de deux semaines et tout revient." |
| "Un homme qui utilise un gode, c'est gay." | "La prostate est sensible chez tous les hommes. C'est de l'anatomie, pas de l'orientation." |
| "Le gode, c'est un remplaçant du pénis." | "Non, c'est un outil. Il fait des choses qu'aucun corps ne peut faire. C'est un plus, pas un remplacement." |
Conclusion : les mythes tombent, un par un
Ces 5 idées reçues ont un point commun : elles servent à maintenir un statu quo. Elles disent que le plaisir en solo est "suspect", que les sextoys sont "pour les autres", que le corps est "fragile".
La réalité est plus simple et plus joyeuse. Un gode est un outil. Il ne définit pas qui vous êtes. Il ne dit rien de votre valeur, de votre relation, de votre orientation. Il dit juste que vous avez choisi de prendre soin de votre plaisir.
Alors la prochaine fois qu'on vous dit "Tu utilises un gode ? Tu dois être seul", vous pourrez répondre avec le sourire : "Non. J'ai juste trouvé comment me faire du bien."

Références
Hald GM, Pavan S, Øverup CS. "Do Sex Toys Make Me Satisfied?" Journal of Sex Research, 2024
Journal of Sexual Medicine - Toys in the bedroom : partnered use and satisfaction, 2025
Santé Publique France - Enquête sur les pratiques sexuelles, 2020
Fahs B, Swank E. "Adventures with the Plastic Man" - Sexuality & Culture, 2013




